vendredi 22 juillet 2011

Expo



Dans la lignée du travail de mémoire de Christian Boltanski, mais également proche des accumulateurs archéologues, tel Daniel Spoerri, le travail de Patafix! n'en conserve pas moins un aspect vernaculaire très rafraîchissant à l'époque d'un art empesé par la dialectique art rétinien/art cérébral. Lorsque l'on interroge l'artiste sur le sens de sa dernière création, elle répond déconstructivisme atavique : « je suis un peu comme l'anti-facteur Cheval, en ce sens que je tends à démonter le palais idéal, comme si j'étais poussée à rendre chacune de ses pierres à la nature. C'est un acte total de reterritorialisation par l'entropie. » L'exposition présentée cet été par la galerie Bébert Dumulot s'intitule « Torchons et Serviettes - installations », et a été bâtie autour d'une œuvre centrale baptisée Cascade de torchons dans le placard du couloir des toilettes. Le spectateur est amené à vivre l'expérience de la confrontation du sec et du mouillé. L'eau de la cascade a été absorbée par une avalanche figée de pièces tissées (par l'atelier des Gobelins) ayant conservé la mémoire de la forme de la chute d'eau, comme un instantané tridimensionnel. « Mais l'installation est aussi la mémoire de l'acte créateur de l'œuvre lui-même, qui est un réel engagement physique. Je me situe dans le courant de l'Acting in situ. »


Cascade de torchons dans le placard du couloir des toilettes, technique mixte, 2011.
Coll. particulière.


L'installation a requis quelques menus réglages, et Patafix! a passé sa matinée à vérifier que tout était tel que souhaité. Elle s'est ensuite postée dans l'attente des visiteurs.


10 commentaires:

Anonyme a dit…

bon vernissage !

amélie a dit…

je ne savais pas que patafix! était aussi une artiste!! (je la verrais bien dans la lignée de Dali!)

Anonyme a dit…

Les enjeux de ce travail sont essentiels aujourd’hui. En effet, au centre de ce travail, ce qui a résonné en moi, c’est la subjectivité mise en jeu par des coups de pattes personnels. Tous les jours, nous voyons des torchons, dans notre vie, dans la rue, dans des films. Pourquoi y a-t-il donc dans les compositions de Patafix! quelque chose de plus qui retient plus particulièrement notre attention, notre impression subjective ? Comme si émergeait là un surplus de subjectivité. La notion de « cascade textile » ou de « gros-plan textile », si elle est éclairante, quelles sont ses implications, comment opère-t-elle, qu’est-ce qui la caractérise vraiment ?

Si il y a pour nous un enjeu et une nécessité dans l’affirmation d’une subjectivité, c’est que les théories déconstructionnistes françaises, tournent autour de la disparition de la parole subjective, de son impossibilité, et lui substituent des identités nomades (déterritorialisées, préindividuelles ou impersonnelles, selon Deleuze), ou anonymes.

Le travail de Patafix! avec ses éclats, ses empilements-dépilements montées en parallèles, nous présente assurément moins des images nostalgiques du moi dans un cadre familier, celui de l’univers domestique traditionnel, qu’un signifiant du sujet, un cadre ou une structure symbolique où la place du sujet est possible. Et pour le plus grand étonnement, mais c’est aussi les conclusions des philosophies modernes et psychanalytiques du sujet, le lieu ou la place du sujet est une place vide, ce qui ne signifie pas que le sujet n’existe pas, mais bien plutôt que son support n’est rien d’autre qu’un certain vide qui ici serait représenté d’un côté, par ces étranges empilements-dépilements textiles qui nous renvoient toujours à une présence de subjectivité, et de l’autre côté, par l’étroitesse où les cascades prennent corps.

Mais l’élaboration théorique me semble devoir être encore plus complexe pour vraiment saisir ce que propose Patafix!. Qu’un empilement-dépilement soit centré sur un seul coup de patte subjectif, ou sur plusieurs coups parallèles qui parfois se courcircuitent, on observe que dans les deux cas le sujet vacille entre un sujet réel et un sujet onirique. Mais loin de produire une désintégration symbolique du sujet, le sujet, réel ou imaginaire, reste pris dans une dialectique intersubjective, en tant qu’elle n’arrive qu’au niveau du signifiant pur. C’est là que cette posture théorique me semble rejoindre l’idée que ce qui arrive aux torchons dans les empilements-dépilements textiles de Patafix!, les chutes brusques en « cut », qui nous font tomber dans des blocs de tissus, n’arrivent pas aux torchons, mais au tissu lui-même, ce en quoi quelque chose rejoint ici la notion lacanienne « d’empilement sur cervelle »

Pantin, 2011

Anonyme a dit…

cher Patafix!,

1 - Vous faites des empilements ou plutôt des chutes, des "dépilements" et des expositions de vos créations textiles sous forme d'installation.
Comment peut-on situer votre pratique, votre patatrique ?

2 - De quelle nature est la matière textile que vous travaillez ? Est-ce que tout ce qui est torchons est susceptible de vous intéresser ?

3 - De quelle manière prenez-vous en compte les placards et les couloirs dans lesquels vous intervenez ?

Sont-ils tous ramenés à l'idée d'un "espace" plutôt que celle d'un "lieu" ?

4 - Votre expo récente à Dommartemuche joue sur /provoque un décalage avec la destination première du lieu et avec les conditions de circulation habituelles du couloir. L'expérience que vous proposez peut-elle être immersive ou simplement coercitive ?

5 - Vous dites que les textiles que vous faites tomber, une fois spatialisés, élaborent des formes abstraites, alors que votre matière première provient de la réalité, il s'agit toujours de tissus trouvés, mais pas de recréations. En même temps, souvent l'amorce d'une forme sculpturale s'installe pour celui qui regarde et déambule. Doit-on parler d'abstraction ? Ou bien est-ce une fiction de réalité qui tire vers l'abstraction, une forme sculpturale autonome ?

Patafisque a dit…

Miiiiih, mih.

Anonyme a dit…

Et voila Patafix! qui se met à concurrencer la Biennale de Venise ...

Anonyme a dit…

La rabat-joie de service suppose que l'exposition sera visible tout l'été, et que ces torchons ne sont pas prêts d'être rangés soigneusement empilés.

Antoigne a dit…

Les dates de l'exposition sont sur l'affiche. Veuillez vous y reporter.

soso a dit…

Tout ça c'est pour faire du Patafric, pff !

patablog a dit…

Du patafric ?? mais l'entrée est libre...